Stage infirmier : Jour 3 2/2

  • Par docjunior
  • Le 22/04/2016
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Infirmier 1

Et c'est reparti pour un billet sur mon stage infirmier, ça faisait longtemps non ?

Ps : Tous ces billets ont été écris chacun immédiatement après à chaud et je n'ai pratiquement rien changé pour garder mes impressions telles quelle juste après chaque journée de stage ;-)

Voici les liens pour lire les autres billets :

Jour 1 1/2 ; Jour 1 2/2 ; Jour 2 ; Jour 3 1/2

1H du matin : Pas de chance, on y est toujours avec cette satanée purge. D’abord, l’infirmière n’a pas réussi à lui rentrer la sonde parce que ça coinçait au niveau des culs de sacs urétraux. Elle en a d’ailleurs profité pour m’interroger sur leur nom puisque j’étais sensé les avoir appris en P1. Et pour le coup je m’en souvenais ! Alors tout fier je réponds : c’est le naviculaire puis le pré pubien-sous pénien !

Il a fallu recommencer à plusieurs reprises pour un résultat final très mitigé. Puis comme il fallait que la tâche soit encore plus compliquée, le sérum phy (physiologique) ne s’écoulait pas et il fallait tenir le pied à perf presque au niveau du plafond pour avoir un début d’écoulement. Du coup on m’envoie chercher Rocco. Non je ne parle pas de cabaret rouge mais bien d’un immense pied à perf (les infirmières ont vraiment de ces idées, parfois…)

 

Il aura bien fallut une bonne heure pour parvenir à moitié à laver la vessie ainsi que l’aide de plusieurs autres infirmières surtout que ça caillotait beaucoup entre temps (je vous laisse imaginer tout le sang que ça faisait)

Et monsieur X dans tout ça ? Hé bien il a été franchement A-DO-RA-BLE. Il ne s’est presque pas plaint alors que ça ne devant vraiment pas être agréable. Et puis c’était son 2ème hôpital de la journée. Il a vraiment été gentil comme tout et ça fait très plaisir de voir quelqu’un comme lui (on devrait le dupliquer pour que tous les patients soient pareils). Ça fait un peu bête de le dire comme ça mais il m’a touché le papi.

 

1H45 : Quelques brancards plus tard et après d’abondantes prises de constantes (en gros prendre la tension, la température, la saturation en oxygène [la « sat » comme on dit dans le milieu]. Ce qui est fait pour chaque patient quand il arrive après lui avoir mis un petit bracelet avec son nom, date de naissance dessus), j’entends une infirmière parler d’un patient avec une odeur de chèvre. Intrigué, je sors dans le couloir quand soudainement je suis pris à la gorge par une odeur de bouc faisandé à vomir accompagnés de ronflements à faire trembler la terre.

 

Et c’est un étranger en plus donc la communication ne sera pas aisée. J’essaye de lui prendre les constantes mais rien à faire, impossible de le réveiller. Un médecin me conseille une pression digitale avec mon stylo mais une infirmière qui passait par là me dit que je pourrai aussi me prendre une bonne claque, ça arrive… Du coup je ne suis pas trop rassuré…

 

Une aide-soignante vient m’aider à lui prendre les constantes et c’est là qu’elle remarque qu’il s’était uriné dessus et qu’il y avait un peu de sang autour de la bouche. Horreur ! Anéantis par l’odeur je ne l’avais pas remarqué et je n’avais pas mis de gants. Je ferai plus attention la prochaine fois que je vois des patients dans cet état. Du coup je mets les protections adaptées (malheuresuement pas pour protéger mon nerf olfactif) et j’apprends à prendre la dextro du patient (son taux de sucre).

En gros c’est une petite piqure sur le doigt (pas l’index ni le pouce qui forment la pince de la préhension [et pas l’appréhension, ok blague de merde]) puis on dépose la goutte de sang sur la languette qu’on connecte à l’appareil de HGT (hémo gluco test).

 

On veut ensuite lui prendre la tension mais pour cela il faut lui retirer son pull (d’autant que ce sera l’ECG juste après). Il résiste un peu tout en continuant de ronfler. Les infirmières me diront après que ça se voyait que je n’étais pas vraiment très à l’aise avec lui… En même temps qui a envie de se faire claquer par son patient hein ? Car oui les réactions de ce genre chez ces patients, ça peu arriver me racontent les infirmières.

 

Puis vient l’électrocardiogramme (ECG), alors j’apprends où il faut placer les patchs et les fils (les autres fois je ne faisais que regarder). Pour ceux qui n’arrivent pas à retenir le placement des électrodes, voici un petit moyen mnémotechnique : pour les poignets et les jambes c’est à droite « le sang sur le pavé droit » (rouge en haut et noir en bas) et à gauche c’est « le soleil sur la prairie gauche » (jaune en haut et vert en bas).

 

Et oui ce n’est pas toujours un métier tout beau tout rose. On est au contact de toute la population ce qui peut impliquer de mauvaises surprises. On n’est pas là pour juger mais pour soigner et aider. Ce qui n’empêche pas nos sens de le faire involontairement. Cet aspect aussi on ne le montre pas, on en parle pas dans notre société, on ne le voit pas dans les films. Encore moins dans les séries avec Docteur Mamour beau gosse, la blouse ouverte sthétho autour du cou. Mais cet aspect, il est réel…

 


Dessin @Vie De Carabin, pour en voir plus allez sur sa page facebook 

 

2H00 : En passant devant une chambre, je vois une vieille dame à qui on fait une prise de sang. Elle n’a pas l’air d’être très rassurée et semble un peu perdue. Je ne dis rien, j’entre et je serre doucement sa main pour la rassurer.

 

2h10 : Je passe devant la chambre d’une patiente atteinte d’Alzheimer.

  • « C’est intolérable de me faire attendre aussi longtemps surtout qu’en plus, j’ai pris rdv à 18H. Vous trouvez normal qu’on me traite de cette façon ? Non mais franchement, ils auraient pu prévoir un peu ces incapables !
  • Euh madame, je ne crois pas qu’on prenne de rendez-vous aux urgences. On pourra vous ramener chez vous une fois que les résultats de votre prise de sang seront connus, je vais demander à l’infirmière, je ne suis qu’étudiant moi »

Ça c’est ma botte secrète pour m’éclipser que j’arrive à sortir quand je me sens téméraire (hé oui je suis un peu timide sinon, enfin pas non plus excessivement timide). Et j’imagine qu’en externat ça sera « je ne sais pas, je vais demander à l’interne »
Edit : On en a parlé de cette auto-dévaluation en cours de communication. On est peut être « qu’ » étudiant mais est-ce bien une raison pour se mettre à se dévaloriser de la sorte ? Alors qu’on a tout de même des compétences réelles. Incomplètes mais réelles !

 

3H00 : Encore des constantes et des ECG. Ça commence à se calmer un peu, du coup on en profite pour vider les poubelles et les remplacer par des sacs neufs. Ici c’est un vrai travail d’équipe, les infirmières aussi participent et ne laissent pas les aides-soignantes s’en occuper seules. Ah oui, il faudrait peut-être mettre des gants aussi pour sortir les déchets contaminés ! Déchets qui ont leur poubelle jaune spéciale pour aller en service de traitement des déchets à risque bien sûr.

 

4H : Petite pause de 30 minutes. C’est l’heure du petit dej !

 

5H : Je fais les éthylo test pour un patient alcoolique. 2grammes 38 je trouve. Si je ne me trompe pas, pour conduire c’est 0.5g.L-1 de sang ? Il a juste dépassé la limite par 4 fois et demie…

 

5H30 : Une patiente alcoolo-dépressive décide de jouer à cache-cache avec les soignants. Du coup il faut la chercher dans le couloir de l’hôpital. Mais t’es où ? Mai t’es pas là ! Mais t’es où ? Pas là a aaaa, pas làaaaa ! Ça aurait été pu être très drôle si tout le monde n’était pas crevé après une longue nuit de travail.

 

6H : Fin de la nuit de boulot. Une gentille aide-soignante me ramène chez moi en 15 minutes ce qui m’évite d’attendre une demi-heure le train puis d’enchainer avec le tram derrière et d’arriver à 7H30 à la maison. Merciii !

 

6H30 : zzzzz… zzzz…

 

stage médecine hôpital

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