Confiance et confidences

  • Par docjunior
  • Le 15/06/2017
  • Commentaires (3)

Allez zouuu 6ème billet en une soirée (on ok y'en avait un que tu as retrouvé au fin fond de ton PC donc il compte pas mais quand même !).

Entre temps je suis passé faire un tour dans les blogs qui sont dans le petit menu à gauche, je me suis dit que mes derniers articles sont pas au top de ce que je pourrai faire dans l'écriture mais qu'importe ce soir pas de prise de tête avec les phrases, les lettres ou les mots, au diable le style et les règles, l'originalité et l'ingéniosité des phrases bien tournées. Ce soir j'écris et point. Mes prochains billets seront peut être plus travaillés mais là j'ai tellement de retard accumulé, tellement envie de vous raconter des choses que les mots jaillissent du clavier sans que je puisse les contrôler (ah et puis j'essaye de passer mon permis aussi en ce moment et si c'est pas possible ça sera reporté à septembre. Tenez voilà un parfait exemple de quand je vous disais que mon cerveau ne contrôlait plus mes doigts et que plus rien ne contrôle mon cerveau d'ailleurs)...

Alors oui de quoi on va parler ici ?

D'une petite confidence, et c'est bien parce que je vous fait confiance hein. Et bien justement moi je manque de confiance. Parfois je doute, je m'interroge. Mais qu'est ce que je fais là moi ? Pourquoi j'ai choisi des études si difficiles alors que je suis encore au début de celles ci. Bon oui j'ai un peu avancé, je m'apprete à entrer dans le second cycle mais il me reste encore tant d'années à achever.
 

Quand j'ai eu au S1 mes 2 rattrapages je me suis demandé si j'étais vraiment si mauvais que ça restant sourds aux arguments de consolation. Oui mais toi tu fais plein d'activités à côté ! Blog, sport, tutorat, corpo, délégué et que sais je encore ? Après et avant les examens du second semestre là aussi j'ai douté, je vais avoir des rattrapages, je vais me planter, est ce que c'est bien fait pour moi tout ça ?

Pourtant je sais que si je travaille j'ai surement des capacités mais qu'il est dur de se motiver dans la durée, de rester mobilisé, de croire en soi et ses capacités. Quand la spirale du doute t'envahit, il est si agréablement déséagreable de continuer à douter. La confiance ou le manque de confiance sont ils innés ? J'espère bien que non, que ce n'est pas fixé.

 

Mais pour ça il va falloir plus que s'en persuader que je peux y arriver et ce n'est pas aisé. Parfois ce n'est même pas un manque de confiance mais juste de la tristesse et du découragement face aux rattrapages. Même pas forcément qu'on pense les rater mais juste qu'on en a assez, qu'on est fatigué et qu'on apprehende ce qui est sur le point d'arriver.

Comme j'aimerai avoir les yeux qui brillent devant les livres, m'y intéresser au point que ça en devienne presque un plaisir, ce serait plus facile et d'ailleurs ça l'a été pour la rhumatologie et ses cours étant donné que le stage m'avait beaucoup plu (faut vraiment que je vous le raconte celui là mais ce soir j'ai pas le temps), les cours se sont révélés plus agréables à faire rentrer.

Mais quand même, cette tendance à la démobilisation, au découragement, cette honte d'en parler autour de soi, l'envie de cacher cette fragilité autour de sa coquille souriante qui se fissure à l'occasion. Le bouleversement intérieur des émotions et des sensibilités.

 

Heureusement je ne suis pas en dépression ni dépressif. C'est d'ailleurs une vrai pathologie qui se soigne. Il ne suffit pas de dire que ça va aller mieux, qu'il ne dépend que de soi de s'en sortir, souvent on ne comprend pas. Heureusement ce n'est pas mon cas, enfin j'espère parce qu'à force ça devient récurrent. C'était déjà le cas en PACES et si je suis passé c'est que j'ai quand même pu le surmonter. Mais pas toujours tout seul, avec de l'aide, beaucoup d'aide pendant un temps notamment en 1ère première année et je dois dire que j'en suis soulagé. Il faut quand même que je prenne concience que si je suis passé c'est que j'en ai les capacités, pas que d'apprentissage mais aussi mentale pour réussir. Réussir à condition de travailler correctement et efficacement travailler. 
 

Il faut aussi peut être que je me détache et je m'éloigne de la PACES, c'est fini c'est erminé et c'est dans le passé. Je crois que ces 2 ans ne m'ont vraiment pas fait du bien mais vous voyez je rumine encore et toujours et c'est pas bien (j'ai pas l'intention de devenir une vache non mais !) mais en même temps pas facile de s'en détacher alors que l'an prochain c'est ma sure qui va y passer...

 

 

Mais alors pourquoi la déprime et le manque de confiance reviennent si fort et si vite à chaque fois alors même que je fais tout pour le cacher aussi bien à moi qu'aux autres et que j'ai en horreur quand le vernis se fissure.

J'en ai encore pleuré tout à l'heure et même si ça va mieux et que l'état état très brèvement passager je me demande quand est ce qu'il va revenir ? Car de nombreux moments difficiles sont à venir ! Même si déjà le fait d'en parler soulage et permet d'en prendre conscience. Et bien quoi ? Tu ne me comprends pas ? Comment puis je ne pas toujours croire en moi, être confiant, ne pas déprimer pour des raisons que tu trouves insignifiantes ? Tu sais moi aussi j'aimerai voir les choses de la même façon. Tu as bien raison au fond...

 

En fait plus l'article passe et plus je réfléchis, j'analyse les raisons profondes. Le tout tient à un équilibre de vie, faire du sport déjà pour moi est essentiel, ça permet de m'équilibrer et m'aide à contenir les noires pensées qui malgré tout sont présentes si tout ne se passe pas aussi bien que je le souhaite. Continuer à avoir une vie sociale, sourire, marcher droit et fier dans la rue, voir ceux qu'on aime et passer du temps avec eux, même pendant la semaine alors qu'on est éloigné de sa famille, il y a toujours sur place des personnes qu'on aime et qui nous sont si chères et d'autant plus que le temps passe et qu'on s'attache encore plus à leur présence jusqu'à en craindre l'absence.

 

Pour contrôler ses émotions, sa confiance tout est question d'équilibre. Si on revient à la médecine antique on parlait d'équilibre des humeurs. Même si physiologiquement parlant c'est absolument faux et infondé, il y a peut être tout de même du vrai à en garder. Quelquechose à en tirer. Tout est question d'équilibre, de constance.

 

Mais le pire est d'en être conscient, de savoir que parfois on est triste sans que la raison en soit tout à fait valable, qu'on ne devrait pas mais qu'on ne peut pas appeler sans cesse ciel et terre pour se faire consoler, on va lasser tout le monde à force, alors on le combat seul des fois, on s'enerve contre soi même pour la non raison qui t'amene à cet état autodestructeur, pathologie auto immune de la pensée intérieure. Puis on se force à sourire et faire semblant de repartir.

 

Et puis j'ai remarqué que ça ne date pas de récemment. J'ai (toujours ? Non quand même pas j'espère) souvent été sujet à ce trait de caractère (de personnalité que l'on peut changer j'espère, pas de tempérament fixé ou bien je suis foutu ^^). Déjà plus petit, pour le bac et même avant encore. Vous souvenez vous de ce qui m'était arrivé le jour de mon brevet ? On pourrait dire que ce n'est pas un hasard ! Voire même parler d'antécédant. D'ailleurs j'ai souvent tendance à être stressé facilement et c'est de famille je le sais (et c'est pas bon ni agréable). Emotions fortes dures à contrôler et stress me fatiguent mentalement. Pourtant si j'ai pu réussir le concours de 1ère année c'est que j'ai tout de même une capacité à y résister. Heureusement.

 

Enfin rassurez vous en me lisant on aurait l'impression que c'est un état permanent, il n'est que passager en réalité, j'ai remarqué qu'il revient dans les moments compliqués, les examens, les rattrapages, les moments où il y a les cours qui s'accumulent, les soucis de la vie aussi parfois, des pertes qu'on a eu soit même jamais complètement cicatrisées et ce qui m'effraye c'est que je sais que la majorité de ces instants sont devants et pas derrière. Les tonnes de livres et de milliers de pages à ingurgiter qui arrivent dès l'année prochaine, les examens à passer (et les rattrapages à éviter), les stages épuisants de 8H à 19H si pas de chance, les recadrages des médecins que j'aurai inévitablement à subir pour un dossier mal rédigé (ce qui sera le cas vu que ça laisse encore beaucoup à désirer au vu de ma faible expérience en autonomie), des questions mal répondues, le prochain concours, la vie d'interne (encore si loin pour moi) et que sais-je d'autre encore.

En fait ce qui me fait peur c'est d'être fragile, vous connaissez la maladie des os de verre ? Peut t-on avoir un mental en verre simple vitrage et pas en acier blindé ? Ce qui me fait peur c'est de ne pas pouvoir le gérer, c'est d'être ressenti comme un poid pour mes amis et mon entourage ce qui me fait sourire et essayer de ne pas le montrer ou le moins possible en tout cas, ce qui me fait peur c'est de prendre du recul et de regarder les petites tortures mentales que j'ai pu m'infliger (un peu) inutilement, ce qui me fait peur c'est vraiment les prochaines années compliquées qui arrivent, ce qui me fait peur c'est de pouvoir continuer cette liste indéfiniment...

 

 

Et voici un exemple de contraiété qui me fait perdre mon temps, de chose que je devrai oublier et surmonter pour passer à la suite sans trop m'y attarder, il va pourtant falloir y arriver...

 

Pourtant quand le moindre mot mal placé ou pensée malvenue et non désirée peut te faire basculer dans le doute même si tu reprends le contrôle que tu t'es imposé sans trop tarder. En ce début de soirée, le vernis a encore failli craquer. J'en ai rajouté une couche et écrire ce billet contribue à la solidifier un peu plus encore. Mais pour combien de temps à nouveau ?

 

Ma peur est que je ne contrôle pas cette peur et cette angoisse, tristesse. Oui je manque peut être un peu (beaucoup) de confiance. Oui pourtant j'ai envie de m'en sortir, sortir de la spirale négative, tout ça c'est une autre vision à adopter, un autre point de vue, une autre manière de penser. En tout cas je sais que si l'année prochaine je n'ai pas un mode de vie sportif, rigoureux, très sain, régulier dans la vie tout comme dans le travail et un regard plus optimite ça va mal se passer. Mais je me fais confiance pour y arriver. Voilà on en revient au titre. La confiance. Tout est une question de confiance dans la vie. Dans ses réussites comme dans ses échecs. De confiance en soi, d'ambition, de volonté, de persévération. Ce n'est pas facile mais j'ai confiance dans mes capacités, je vais y arriver. Enfin, je l'espère...

 

PS : soyez pas trop sévères dans les commentaires (s'il y en a), prendre conscience et connaitre ses forces et surtout ses faiblesses, c'est déjà le premier pas vers leur éradication non après tout ?

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Commentaires (3)

Petite-Cuillère
  • 1. Petite-Cuillère | 30/06/2017
Hey ! j'ai enfin réussi à lire un article en laissant mon ordinateur ramer pendant cinq minutes ;)
Tu commences en remettant en cause l'écriture de cet article mais personnellement je le trouve vraiment bien écrit, il est vraiment construit sur le flux de tes pensées et résume un peu ce qu'on peut ressentir quand on ne se sent pas très bien (s'interroger sur les causes externes, les possibilités futures, sa personnalité etc).
En fait, je crois qu'il y a un certain nombre de choses qu'on ne peut pas changer sur notre manière de ressentir les choses. C'est normal d'être tracassé, de vouloir pleurer, de se sentir en colère quand une situation est injuste (le tracas que tu as ressenti avec l'histoire des rattrapages, je pense que de nombreuses personnes l'auraient ressenti aussi). Mais en revanche on peut changer le regard qu'on porte sur ce qu'on ressent. Je dirais que l'une des choses importante est de ne pas culpabiliser par rapport au fait de se sentir triste ou d'avoir besoin des autres. C'est aussi ce trait de caractère qui peut aussi nous rendre très joyeux pour un petit détail et partager notre joie avec les autres, ou encore percevoir la tristesse d'un autre et la comprendre.
En sortant de Paces, à un moment, j'ai pensé qu'on devrait parfois savourer notre capacité à ressentir des émotions si différentes, un peu comme si à travers chaque émotion, notre cerveau fabriquait une oeuvre d'art. Je veux dire par là qu'on connaît toutes les émotions générales (colère, tristesse, joie, peur etc) mais qu'il y en a beaucoup plus que ça en réalité puisqu'à l'instant t où on éprouve quelque chose, c'est souvent un mélange, c'est une nuance. Par exemple, il y a un déchirement qui nous serre la gorge, mille pensées qui fusent dans notre tête, on se sent un peu divisé, en même temps il y a de l'air sur notre visage, qui nous apporte un peu de fraîcheur agréable. Ou parfois, la tristesse est juste comme une vague qui nous passe dessus, qui alourdit nos épaules et fait couler nos yeux, mais qui en même temps peut être associé à une certaine douceur, on voudrait se retrouver dans une position infantile et que des gens nous prennent dans leur bras. En sortant de Paces, je me suis dit :"On n'a qu'une vie, le temps passe trop vite, on ne ressent des émotions que quand on est vivant (je crois, du moins, des émotions de ce type en tout cas) alors il faut les ressentir tant qu'on peut les ressentir, toutes, quelles qu'elles soit, dans leur intégrité et leurs plus fines nuances. Même la tristesse, même la peur, même la colère." Donc quand je suis stressée, je ferme parfois les yeux et je prends pleinement conscience de tout le stress en moi sans chercher à le contrôler et j'essaie de trouver un moyen de le voir dans une perspective agréable (corps dynamique, énergie débordante etc) et de contempler ça comme je verrais un tableau dans un musée, avec les nuances de couleurs etc. C'est parfois difficile et je galère à le faire, mais ça aide à accepter les choses de penser comme ça je trouve.
Les études de médecine sont vraiment difficiles, je suis aussi un peu horrifiée de voir autant d'étudiants qui doutent ou qui ont peur d'être trop fragiles. Mais je pense comme a dit Birth que le fait d'écrire et d'avoir conscience des difficultés te protège beaucoup plus que les autres. En lisant ton article, ça m'a fait pensé à la fable Le Chêne et le Roseau. Je mets un lien ici (je sais pas si c'est possible et si ça fonctionne :) ) http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_chene_et_le_roseau.html
Les forces des autres paraissent toujours extraordinaires jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que ce que l'on considère comme une faiblesse chez nous peut être considérée comme une force par les autres. Et d'un point de vue plus psychométrique (Youhou les statistiques de la personnalité c'est super!) je pense qu'il y a peu de gens capables comme toi d'être si actif : études de médecine, blog, engagement associatif, vidéos youtube, muscu, vie sociale... Presque personne ne peut tenir tout ça de front sans avoir des moments de doutes, des difficultés, des interrogations... Bon courage en tout cas !
docjunior
Salut Birth !
Merci des longs retours, je te répondrai pour de vrai quand j'aurai fini mes examens et j'irai refaire un tour sur ton site ça fait un moment que j'ai pas regardé mes blogs préférés, aux dernières nouvelles tu partais en Allemagne si je me souviens bien :-)
En tout cas promis, les prochains billets seront surement plus positifs !
Birthy
(Commentaire général sur la salve d'articles)
Je viens de lire la dizaine d'articles que tu as publiés d'une seule traite ces derniers temps. Ce qui en ressort c'est...
Exactement ce que mes deux amies en troisième année de médecine me disent et vivent.
Une remise en question assez énorme sur les études de med, l'externat imminent y est pour quelque chose je suppose, un stress envahissant et étouffant quand les partiels approchent. Une remise en question personnelle aussi.

Je trouve ça triste. Et terriblement douloureux.

Tu parles de confiance en soi etc.. Mais est-ce qu'on naît avec un capital de confiance en soi déterminé et qui ne changera jamais ? Non, elle se construit avec les évènements, avec ce qu'on surmonte, ce qu'on réussit etc. Mais au bout d'un moment on a l'impression de stagner qu'on ne peut pas avoir davantage confiance en soi et peut être est ce vraiment le cas !
Est-ce que ça nous empêche de vivre pour autant, est-ce qu'on en meure, est-ce que ça fait de nous des personnes mauvaises ? Non. Est-ce que ça fait de nous de mauvais futurs soignants ? Non plus si on "contrôle" ce manque de confiance en soi et qu'on ne se laisse pas dépasser.
Tout ça se gère.
Et on a toujours tendance à se comparer aux autres. "Oh mais lui a l'air tellement sûr de lui, il cartonne aux exams, il arrive à surmonter tout ça facilement"
Ce lui pleure peut être tous les soirs.
Ce lui pense peut être à arrêter med.

Je pense que se comparer aux autres est un trait de caractère (certains s'en tamponnent le coquillage) mais aussi une des nombreuses séquelles de deux ans à vivre pour un classement.

Tu parles aussi de façon de voir les choses, de changer sa manière de vivre : voir le verre à moitié plein. Oui bien sûr que c'est mieux de vivre comme ça, mais est-ce possible en claquant des doigts, de changer du jour au lendemain comme ça ? Je ne pense pas. C'est un travail de longue haleine. Des petits réflexes qui s'adoptent. Des réflexions à se faire.

Imagine tu renverses ta tasse de café du matin. Tu t'énerves, ça te met en retard. Tu pars de chez toi agacé, tu loupes ton bus, ça t'énerve encore plus etc bref ça va de mal en pis, tu passes une journée de merde.
Mais il ne faut pas laisser les choses nous atteindre pour voir les choses positivement.
Tu renverses ta tasse, tu souffles un coup, tu essuies le carnage tant pis ce n'est pas grave. Vu que tu n'as pas passé dix minutes à râler tu n'es pas en retard, tu ne loupes pas ton bus etc Bref tu ne passes pas une journée de merde.

Tout est une question de point de vue.

Ensuite tu parles de contrôle de soi. Contrôle, contrôle, contrôle.
Dis, tu es humain ou tu es une machine ?
Hu-main. Un ANIMAL social !
Avec tes émotions, tes passions, ton caractère, ton instinct !

Plus tu cherches à étouffer tes peurs et tes doutes, pire ça sera. L'acceptation est le véritable premier pas vers une amélioration.
Mais coucher tes angoisses ici est déjà un premier pas, écrire et dévoiler au "public" permet un premier travail de réflexion avec du recul.
Mais dans quelques semaines ou mois je suis sûre que ça ira mieux... Il n'y a pas de raisons pour l'inverse.

Ah et très sincèrement, affronter les choses seul et s'autodétruire pour ne pas "lasser" tes proches est une idée ... pourrie. Dans la vie, il y a des gens qui seront toujours là pour t'écouter. Peut-être ne les as tu pas encore rencontrés (ce qui m'étonnerait) mais crois moi que ça existe. Il y aura toujours quelqu'un prêt à t'écouter parce qu'il sait ce que tu traverses, peut-être vit-il la même chose (ou non d'ailleurs) et il sera content de t'aider s'il est attaché à toi.
Il ne faut pas s'enfermer et ruminer, tu le sais en plus que c'est une idée pourrie. Parler et extérioriser sinon les pensées sombres, tranchantes tournent et tournent et tournent et s'en sortir seul est impossible.

Bon. Je vais m'arrêter là pour le pavé "remise en question".
Juste un petit mot par rapport à l'article sur le sandwich et sur la chance.

J'ai l'impression qu'avec les élections présidentielles, il y a eu une grosse réévaluation de la (leur ?) situation de la part de beaucoup de jeunes. Parce que c'est quand on vote, quand on milite (éventuellement) qu'on se pose des questions sur nos préoccupations premières pour la société. Et sur le fonctionnement de la société. D'ailleurs tu as fait plusieurs vidéos sur les candidats (mea culpa je ne les ai pas vues) donc, avec tes recherches, tu étais au coeur de tout ça.
Alors est-ce que ce n'est pas normal de se poser des questions sur sa chance d'être dans une classe moyenne ou aisée ou d'avoir un toit sur la tête ? Si, bien sur que si.
La culpabilité de se plaindre alors que la santé est là, que tu as un toit sur la tête et que tu as le ventre rempli, pourrait même faire son apparition.

Mais elle ne le doit pas. Parce que tu ne vis plus si tu te laisses envahir par elle. Et surtout parce que tu fais ce que tu peux pour apporter ta part à la société, avec le tut, avec ton futur métier, etc. Et puis, ne serait ce que le fait que tu réfléchisses et que tu aies conscience de ta chance est déjà positif. Tu dis aussi qu'au final, à l'hôpital, tu passes en partie au dessus de la douleur des patients etc et on sent une certaine ... culpabilité que tu nies ou justifies. C'est tellement normal ce que tu ressens... et c'est comme ça, être soignant implique cette situation pas évidente à vivre.

Et ce n'est pas parce que tu as tout théoriquement pour vivre heureux que tu n'as pas le droit de te plaindre ou que tu es véritablement heureux, le bonheur ne se mesure pas, il se vit. Les maladies mentales comme la dépression le prouvent.
Des gens ont tout. Et pourtant veulent en finir. N'ont ils pas le droit de se plaindre ? Si.

Et pour ce qui est du sandwich... Tu les as vus. Tu leur as parlé. Tu les as humanisés, tu n'es pas passé devant eux sans les voir.
C'est beaucoup. Alors oui, il y a sûrement une part de "se donner bonne conscience" là dedans. Mais il faut arrêter de croire qu'on peut toujours agir sans rien ressentir en contre partie, comme des saints.
Eux s'en foutent. Ils ont eu à manger. Ta bonne conscience ils s'en fichent, ils se souviendront juste du fait que tu leur aies accordé quelques minutes. Alors zut, j'estime que faire une bonne action et satisfaire parfois son égo ou sa conscience est toujours mieux que ne pas en faire. Basta.

Bon je crois que je vais m'arrêter là, je suis un peu partie en cacahuètes, je ne me relis pas, j'espère que tu ne me tiendras pas rigueur des coquilles qui se sont sûrement glissées dans ce pavé.

Bonne continuation, j'espère pouvoir lire des propos peut être plus lumineux dans les semaines à venir,
Tu n'as qu'une seule vie, ne laisse pas les pensées sombres la détruire.
Perdre deux, trois ans ou même six mois à se torturer l'âme c'est déjà beaucoup trop.

Courage,
Birthy

(PS : J'aime bien les références à Jack Sparrow)

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