Précisions sur le dernier billet

  • Par docjunior
  • Le 02/11/2015
  • Commentaires (2)

Je voulais juste faire quelques petites précisions par rapport au dernier billet.

Il a été écrit à la suite d’une discussion avec une personne aux préjugés plus solides que le roc. Un excellent peintre de stéréotypes sur les études de médecines. Je m’étais heurté à un mur de bêtise ce qui m’a légèrement totalement énervé. Bref le tableau était raté. C'est pour cela que je voulais vous dépeindre le paysage, mais selon mon point de vue...

Il a aussi été rédigé dans un moment de fatigue où je me rendais compte qu’il allait peut être falloir recommencer à travailler un peu. Surtout qu’on est plus dans l’optique de l’année dernière à travailler d’arrache-pied du matin au soir avec une forme de routine qui s’installe. Et là les cours de master arrivent, les examens aussi. Sans parler du tuto !

Vous avez vu comment je suis précis hein ^^

Et il faut quand même le dire, le tutorat me prends un temps fou. Et en échange, contrairement à d’autres facultés on n’a rien. Cet engagement envers la faculté, elle ne nous le rend pas. Par exemple, si je ratais un examen de peu, ce ne serait pas pris en compte pour se faire repêcher et éviter le rattrapage. De même qu’ailleurs, le fait de faire le tutorat offre des crédits (qu’on appelle ECTS) pour le master 1.

En gros ce sont des cours en plus à prendre au choix entre plus d’une dizaine de matières (j’ai pris biochimie mais il y avait aussi entre autre la physiologie, l’anatomie, l’imagerie médicale, la génétique, la pharmacologie, les statistiques, la reproduction, l’immunologie). Le master permettra plus tard soit de faire de pouvoir bosser à l’hôpital soit d’enchaîner sur un Master 2 pour faire de la recherche ou de l’enseignement (tiens et si je devenais prof pour faire pleurer les étudiants avec mes qcm vicieux J et laisser libre cours à mes mauvais côtés ?).
Et chaque matière sanctionnée par un examen vaut entre 6 et 12 crédits selon le nombre de cours etc. Il faut 24 crédits pour valider son master ce qui peut donc être fait au mieux sur 2 ans en choisissant 1 matière à 12 points en P2 puis en D1. Et ils commencent dès Jeudi prochain en ce qui me concerne...
Et justement dans certaines fac le fait d’être tuteur peut rapporter des crédits (6 en général soit 1 quart de master !). Mais pas chez nous… Dans d’autres facs, les tuteurs sont vraiment payés et reconnus. Mais pas chez nous…

Bon bref je ne fais pas ce billet pour me plaindre du tuto mais c’est un vrai don de soi sans rien en attendre en échange ou presque.

Et puis il faut le reconnaître à tête froide, la P2 c’est tout à fait gérable. C’est même une année géniale. J’arrête pas de parler à des D1/externes/internes (oui je me suis fait quelques amis) qui me disent tous sans exception de profiter de la P2.

Et quand je vois en effet les énormes bouquins d’urologie, néphrologie, cardiologie (etc) avec un nombre astronomique de choses à savoir, un univers infini de connaissances (et même une fois médecin il faudra toujours se tenir informé des dernières évolutions médicale), on comprend tout de suite que oui la deuxième année c’est vraiment l’oasis dans le désert.
Il faut juste savoir doser l’effort et en profiter car ce n’est que le début de 9 ans d’études (voire plus) surement très éprouvante. Et si j’ai appris une chose en PACES, c’est qu’il faut le vivre pour le comprendre alors non je ne me rends absolument pas compte de ce qui m’attends.

Au final cette réflexion est aussi vraie pour beaucoup d’autres situations. Quand on juge quelqu’un pour ce qu’il a pu faire/dire/vivre. Tant qu’on n’a pas vécu ce qu’il a pu vivre, on ne peut pas le comprendre. Bon enfin bref je m’égare là.

Donc voilà, je voulais juste vous dire que le dernier billet est pas mal à relativiser mais son message intrinsèque reste toujours d’actualité. L’âme de l’article qui dit qu’on ne fait pas que la fête en deuxième année de médecine reste toujours mon opinion.

Malheureusement ce préjugé disant que la première année est la plus dure puis que c’est « facile » par la suite est assez encré dans l’imaginaire ou plutôt le fantasme collectif dirai-je. Mais de là à être un peu paniqué comme dans le dernier billet, faut pas exagérer non plus. Au final je m’en suis même rendu compte sur le moment et rien que le fait de l’avoir écrit m’avait redonné le moral. Un peu comme si tenir un blog était une sorte de thérapie par la parole (ou plutôt l’écriture).

Disons juste que c’était l’occasion de faire un joli article (on écrit toujours mieux sous l’emprise des émotions) un peu rageur qui comporte certes une grande part de vérité légèrement exagérée cependant. Mais des coups de gueule dans le genre je n’exclue pas qu’il y en ait de plus en plus au fur et à mesure des années, la difficulté et le poids de ces études s’accroissant.

Mais pour vous les lecteurs fidèles c’est aussi ça qui sera « drôle », de voir comment ces études m’auront changé (en bien j’espère), comment mon point de vue aura évolué. Voir se modifier mon enthousiasme et mon émerveillement initial en découvrant l’hôpital qui amusait les infirmières. Elles me trouvaient même rafraichissant vu que je leur rappelais pourquoi elles aimaient leur métier et leurs débuts à l’hôpital. (Tous les billets sur mon stage infirmiers ont été écrit à chaud pour avoir mes impressions sur le moment et pas plusieurs mois après).

Comme je l’ai dit, ce blog j’espère le tenir jusqu’à la fin de mes études (et peut être même après) donc il est évident que mon regard va s’obscurcir changer (ne soyons pas pessimistes). Et voir l’évolution de tout ça sera surement intéressant. Ne serait-ce qu’au niveau de la fréquence de publication ! Par exemple en P2 j’ai le temps de poster 1 voire 2 billets chaque semaine. Mais ça ne sera surement pas pareil l’année prochaine et encore moins les années suivantes…

Sinon pour ce qui est des dernières nouvelles (qui datent de la semaine dernière en fait au moment ou j’écrivais le billet. Les anecdotes de la semaine sont sur facebook) :

  • On a reçu de la part de l’ordre des médecins nos stéthoscopes et marteaux reflexes. J’en aurai voulu un rouge vif (on se demande pourquoi hein ^^) mais le plus proche était un mauve bordeaux ne me disant rien. J’ai donc un magnifique stéthoscope noir !

 

  • La semaine dernière on est allé rendre visite aux P1 à la pause de 11H pour apporter un café au prof. Bien sûr en tant que futur médecin on en a profité pour l’ausculter. Il souffrirait donc de diapositivite chronique aigue (j’entends déjà les médecins me dire que c’est un non-sens total J), d’un souffle microtubulaire controlatéral. Et un son creux à la percussion crânienne traduisant la présence d’épanchement gazeux intracrânien (celle-ci pourrait presque sembler vrai ^^) ainsi que pleins d’autres diagnostics complètements farfelus.

    Pour le plus grand bonheur des paces, je conclu que l’arrêt de travail assorti d’un an de repos est inévitable. On sortira ensuite sous les applaudissements. Pas sûr qu’on ait été drôle à faire plier un chameau. Mais bon en paces les distractions sont si rares qu’on en vient à apprécier n’importe quel humour. Même douteux. Enfin sur le moment on a bien déconné !

     
  • Mardi dernier j’ai surveillé comme chaque semaine la colle du tuto. Colle pour laquelle j’ai du rater un match de foot contre les D1 qui tombait pile quand il ne fallait pas (raahh le tuto). Et à l’occasion j’ai appris que pour la séance d’exo qui sera la semaine prochaine, une de mes co tutrice de physique ne pourra pas venir. A moi de la remplacer dans un domaine que je ne maitrise pas plus. Quelle joie, du travail en plus (ironie)…
    Sachant aussi que le concours blanc (début décembre) est à rendre pour le 2 novembre au plus tard et que dans les prochaines colles il y a de l’optique ce qui me donnera des emails à répondre, des corrections orales à faire…

     
  • On a eu un TP d’histologie (le début d’une longue série) où l’on devait observer au microscope des lames de pancréas, rate, ganglions etc qu’il faudra savoir reconnaître à l’examen.

 

  • Je suis aussi sorti (comme chaque semaine) et j’ai travaillé (un peu et pas efficacement surtout). D’ailleurs le billet qui sortira dans 2 semaines parlera de la difficulté à se remettre à travailler au sortir de la paces. Et celui de la semaine prochaine ? Ça sera la suite (et la fin) de mon premier jour aux urgences !

 

  • Et maintenant, je suis dans le train de retour pour biiiip. Train que j’ai failli rater d’ailleurs. Non par manque de temps mais par manque d’argent (même si d’après l’adage le temps c’est de l’argent). En effet j’avais pile ce qu’il fallait en pièce pour payer mon billet. Alors dans le bus pour me rendre à la gare, en me rendant compte que j’avais oublié de prendre de quoi payer le trajet j’ai eu un bon coup de stress. Heureusement que les fonds de poches existent !

    Et j’ai commencé à écrire ce billet assis sur les quais ce qui m’a rappelé des souvenirs de ma P1. Ou il fallait bosser nuit et jours, que ce soit sous la douche ou sur les quais de la gare. Chaque seconde qui comptais, chaque instant non travaillé à culpabiliser ; je me suis rappelé toute cette pression qu’il a fallu endurer. Plier sans rompre tel un roseau sous la tempête. Ne vous inquiétez pas je n’ai pas abandonné les articles sur la première année de médecine. Ils sont justes en pause et j’en écrirai quand je n’aurai rien de particulier à raconter !

 

Sur ce je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à lundi prochain avec un petit billet la suite du stage infirmier !!!

persévérance médecine

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Commentaires (2)

docjunior

Oui en effet, le tutorat me prend un temps énorme mais j'ai à coeur de bien faire ce travail pour aider les paces. Mais je veux être fier de mon travail car je sais à quel point c'est important pour des centaines de personnes ce que je fais.

Pour les modules j'ai un examen fin novembre que je devrai réussir j'espère sur la sémiologie clinique (je suis plus ou moins au point) mais un examen mi décembre sur la CBH (concept biologique de l'homme) : 35 cours et j'en ai pas ouvert un seul :/

Alors j'essaye de m'y mettre mais j'ai plein de choses à faire à côté.

Nina ATTE

Sthétoscope et marteaux réflexe en noir, féliciations, cher Docteur lol
Ce qui m'intrigue et ce que j'admire, c'est votre travail intense pour animer la colle de tuto!!!
Cela se ressent fort que vous ne devez pas rire tous les jours. vous devez suivre une formation en même temps que vous enseignez une formation. Waaaouh, c'est du lourd!
Suivre des études, on connaît pour la plupart ce que cela signifie mais le fait de former des étudiants en même temps, euh...non, on je connais pas.
En tout cas, j'espère de tout cœur que vous validerez chaque module, chaque épreuve pour enfin être le médecin que vous souhaitez devenir

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