Coucher de soleil

Il fait encore jour.
 

Le soleil brille et me réchauffe de ses doux rayons chaud tels des caresses de lumière. Le paysage est sublime, tout brille. C'est une explosion de couleur et des sens.

Des myriades d'informations visuelles passant à travers la pupille, les humeurs acqueuses et vitrées, la rétine, le nerfs optique, les chiasmas, les corps intermédiaires jusqu'au cerveau*.
 

Toujours est-il que le cerveau s'affole devant tant d'informations à traiter, à adapter, à analyser.

 

Je plisse les yeux, que c'est beau. Que ça brille ! D'or et de feux ! De milles éclats !


Des milliers de petits diamants de lumière qui scintillent de partout.

 

Je regarde autour de moi et je ne cesse de découvrir de nouveaux détails que la lumière me révèle.


C'est une belle journée. Une journée magnifique ou tout est si lumineux, presque éblouissant. Tu découvres tant de choses les yeux écarquillés devant tant de beauté.


Mais toute bonne chose a une fin. 


Déjà, la température baisse. La luminosité diminue. Un peu. A peine. Mais assez pour être perceptible. Comme si le soleil devenait timide tout d'un coup. Mais ou es tu passé ? Ou est ton charisme, ton assurance ? Toi qui projettait tes rayons de partout sans crainte mais avec espoir ? Toi qui m'accompagnait là haut dans le ciel ? Toi qui me rechauffait de tes rayons dorés ? Toi qui me guidait sur la route du destin. 

Où es-tu ?

Pourquoi t'en vas tu ? 

Pourquoi te caches tu derrière cette ligne de l'horizon ?


Mais l'astre ne m'entend pas et poursuit sa déclinée. Comme une chute inexorable, lente mais inévitable. 


Tel Icare qui s'était brulé les ailes a vouloir monter trop haut, il est temps de redescendre. 

La lumière change, elle prend à présent une teinte plus sombre. Le soleil lui devient orange. Comme brulé de l'intérieur. A moins qu'il ne jette ses dernières forces dans la bataille. C'est étonnament beau. Tout est calme. Le calme avant la tempête dans ce déclin lent mais persistant.

Le soleil envoit encore de timides rayons qui se reflètent sur le lac dans un dernier signe de protestation. Comme une dernière tentative, un dernier accès de révolte face au destin, un refus de l'inévitable, de l'inexorable, de l'inarrêtable
.


Mais ça ne sera ni arrêté ni évité. On ne peut pas s'en exonérer.
 


La lumière change encore. A présent, l'astre mourrant a prit une couleur rouge sang. Il est sur le point de disparaitre derrière les collines au loin. Distant. Froid.
 

C'est le clair obscur. Les derniers instant du jour. Nous sommes à présent entre chien et loup. Tout est saisit d'une obscure clarté. A moins que ça soit une claire obscurité ? 

On ne sait plus trop. On est un peu perdu.

Bref on est entre chien et loup.

L'ami de l'homme et sa plus grande crainte dans l'imaginaire collectif. Chien et loup. Loup et chien.


Un dernier rayon se reflète sur le lac. Comme un appel, un signe désespéré, une ultime résistance, baroud d'honneur d'un combat qui s'achève.

D'un coup la nuit tombe. C'est brutal. Un voile noir s'abbat et masque tout. On ne voit plus rien. On entend son coeur battre la chamade.


Je suis tout seul. Dans le noir. Je ne vois plus rien. Suis-je aveugle ? Je ne retrouve plus mon chemin.


Que faire ? 

Avancer tout seul dans le noir, à l'aveugle ? Je ne veux pas risquer de me noyer dans le lac si je me trompais de chemin.

Crier à l'aide, au secours ? Il fait froid, si froid et ma gorge est enrouée, quelques notes plaintives s'échapent de mes lèvres bleuies, un râle à peine audible.

On se débat mais on glisse, on tombe. Le lac est là. Il t'attend. Ses bras glacés t'accueillent et pas en ami. Un calin mortel. Glacé. Il fait froid, si froid. Tu te noies ? As tu la tête sous l'eau ? Tu coules. Lentement et de plus en plus vite. Et l'air ? Ou est-il ? L'eau s'infiltre dans tes poumons et les noie. Tu ne respires plus. Tu ne te débats plus. Les abysses t'attirent. Encore plus noires et éloignées de la lumière.

 

Quand soudainement tu te retrouves de nouveau sur la rive. Que s'est-il passé ? As tu imaginé tout cela ?


Peut etre que oui. Peut être que non. Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu es perdu. Tu cries, tu hurles, tu t'arraches les cordes vocales sans produire un son pour autant. Tout ça c'est intérieur, c'est en toi. Et puis tu as froid. Tu as l'impression d'être toujours trempé d'eau glacée. Tu frissonnes. Le vent se lève ce qui n'arrange rien.


Alors tu te roules en boule, espérant preserver le peu de chaleur qui te reste, te protéger du froid, de la nuit qui t'engloutit, des betes sauvages qui hurlent à la lune. Mais elle est ou la lune d'ailleurs ? Pourquoi ne vient-elle pas apporter sa pale lumière blanche ? Une maigre lumière mais une lumière tout de même dans cette longue nuit d'obscurité et d'angoisse ?


Que fait-elle ? Mais oui que fait-elle ? Ou es tu ?


Ta forteresse intérieure a cédé. Trop d'assauts successifs, trop de vagues. Le mur extérieur a craqué. Explosé. Il n'aura pas tenu le choc face à la violence des attaques.Tu t'es replié dans ton enceinte intérieur. Tes dernières defenses. Dernier actes desespéré de resistance. Futile. Dérisoire. Ridicule. Inutile. L'issue est déjà connue.


 

Le noir te serre de plus en plus. Ta flamme intérieure vacille, elle s'éteind. Presque. Comme soufflée par le vent qui hurle quand toi tu ne peux pas.

Et d'un coup ça craque. Des pneus qui crissent au loin. Un choc. Brutal. 

Un accident lointain surement. Un conducteur fatigué qui ne s'est pas arreté assez pour récupérer et conduisait mal sur une route invisible. 


Toi tu es toujours en boule tout seul dans ton coin. Et tu as froid. Très froid. L'obscurité t'entoure toi et ton coeur, t'emprisonne à jamais.

Tu t'es débattu au début mais tu n'essayes même plus à présent.


Tout est-il fini ?


Est-ce terminé ?

C'est la fin n'est-ce pas ?

 


C'est alors qu'une étincelle surgit au milieu de la nuit. Un petit grattement d'allumette. Une flamme. Ephémère. Qui s'éteint trop vite. D'ou vient-elle ? Que fait-elle ici ? 

Une lueur au milieu de la nuit qui l'écrase, qui l'opresse, qui souhaite de toutes ses forces l'étouffer.

Mais n'est-ce pas la preuve que la lumière est plus forte que l'obscurité ? Une simple lueur peut éclairer de loin dans un océan de ténèbre tandis qu'il faut une infinité d'obscurité pour masquer la moindre flamme.

 

Mais déjà il n'y a plus rien. Tu te mets à douter. L'aurais tu imaginé ? A-t-elle seulement existé ? 

Que se passe-t-il ? Que s'est-il passé ? Que se passera-t-il ? Le futur est incertain. Inconnu. Angoissant. Le passé est mort et triste. Le présent glisse et défile entre tes doigts. Tout se mélange. Tu croyais savoir mais tu ne sais plus. As tu seulement déjà su ? 

Le doute s'installe. Quoiqu'à y réfléchir il était déjà là. Depuis longtemps. Tu ne sais plus. 


Un autre craquement. Une autre allumette. Un peu de chaleur.

Une lueur dans l'obscurité. Non tu ne l'avais donc pas imaginé ! Tu n'avais pas rêvé !

Mais d'où viens tu petite lueur ? Dis moi ! S'il te plait ! Raconte moi ton histoire, guide moi, aide moi. Que fais tu là ? Pourquoi es tu ici ?

D'où viens tu ? En existe t-il d'autre des commes toi ? Répond moi s'il te plait ! Fais moi un signe ! Parle ! Agite toi ! N'importe quoi ! Pourvu que tu me dises d'où tu viens !

Quelle est ton origine ? Ton point de départ ? Peux tu t'étendre ?

 

Mais oui ça y est tu as trouvé la source. C'est une petite boite d'allumettes placée dans ton coeur, elle rallume la flamme qui s'était eteinte. Enfin flamme, le mot est trop fort. Parlons plutôt de flammèche, d'une braise d'espoir. 


Elle vacille, elle manque de se faire souffler à plusieurs reprises te laissant seul dans la nuit à nouveau. Mais elle lutte et ne s'eteind pas. C'est qu'elle est rebelle la maligne ! Insoumise au vent qui souffle et aux ténèbres prêts à l'avaler sans hésiter. Elle résistte. Elle lutte.

Oui elle est petite. Oui elle est fragile. Oui elle est vacillante.


Mais elle existe, elle est là.

C'est peu mais c'est tellement.

 



Un phare au loin projette vers toi un rayon. Il est loin. Très loin. La route sera longue. Mais il t'éclaire assez pour retrouver un chemin. Sinueux, tortueux, escarpé mais praticable. Tu remontes la pente attiré vers la lueur au loin comme un papillon. Tu t'es relevé et tu avances doucement. Car tes muscles sont encore engourdis, tu frissonnes toujours dans le froid mais l'obscurité est moins écrasante à présent.

 

Tu as tes deux lumières qui te soutiennent. Celle de ton coeur et celle au loin.

 

Il fait toujours nuit et très sombre mais un rayon de lune vient percer l'épaisse couche de nuage qui masquait l'astre lunaire. Troisième source d'éclairage. Pale mais qui a le mérite d'exister.


Alors on continue, on poursuit son chemin et on avance doucement, à petit pas. 

 

Car après la nuit viendra l'aurore.

Car après l'aurore viendra le jour.

Car avec le jour revient la lumière. 

Car avec la lumière revient la chaleur.

Car la chaleur fait fondre l'obscurité.

Car l'obscurité est toujours vaincue par la lumière. 


Un timide sourire s'esquisse sur ton visage. Fragile encore mais c'est un sourire de lumière. 

Voilà ta quatrième source lumineuse. Symbolique.

C'est peu mais c'est tellement.


Attendez ma venue aux premières lueurs du 5e jour. À l’aube, regardez à l’est.

 

Désolé, je ne me souviens plus en détail du schéma d'anatomie de première année là dessus quoi que j'ai de bon restes et qu'un coup d'oeil me le rappellerait instantanément.

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