J'ai de la chance

  • Par docjunior
  • Le 15/06/2017
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Souvent je me dis que j'ai de la chance. Souvent je l'oublie.

De la chance ? mais pourquoi donc ? Déjà il suffit de regarder les infos pour comprendre pourquoi. Nous français vivons en paix, les guerres dans le monde nous concernent que par le biais de nos journaux télévisés, nous n'avons pas les pires catastrophes climatiques, notre modèle social est unique, notre système de santé est bon (je sais ça sonne creux mais je suis parti pour vous faire 15 pages sur les forces et faiblesses de notre système alors je reste simpliste, on ferme la parenthèse), on a de l'électricité, de l'eau potable.

J'ai donc de la chance en tant que français.

J'en ai aussi en tant que personne. Je vis bien, je dois faire attention à mes dépenses mais pas au point de compter les centimes ou de me priver de quelques plaisirs de temps à autres comme boire un verre avec les amis, aller au ciné, partir en vacances, manger parfois au resto (attention hein allez pas croire que c'est tous les jours ni même toutes les semaines, on en est loin), je suis dans un appart confortable et bien placé, je mange à ma faim tous les jours et je n'ai pas besoin de travailler contrairement à d'autres pour payer mes études. La belle vie non ?

J'ai donc de la chance en tant que personne.

 

Mais je l'oublie peut être parfois. Un petit peu. Puis une situation vient me le rappeler. Un moment éphémère, fugace, de celui qui te fais tomber de ton nuage, dégringoler des sommets. Un souvenir parfois, celui de patients que tu as croisé, de patients dans une situation difficile, financière, sociale, familiale, médicale. Ou plus récemment une amie qui disait ne pas pouvoir s'offrir un menu à 20 euros dans un resto, même si le rapport qualité prix était excellent.

 

Suis je un privilégié pour autant ? Par un certain côté oui. Si j'en suis là ou je suis c'est entièrement du à l'aide que j'ai pu recevoir, appartement, nourriture, condition matérielle, j'ai clairement eu un avantage sur certaines personnes depuis que j'ai passé le bac. Vous imaginez ? Travailler pour se payer ses études donc se fatiguer plus les cours, les examens, les stages ? Moi non, je n'imagine pas.

Sans compter que le milieu social compte aussi énormement. L'éducation, les valeurs qu'on t'inculque. C'est inestimable, inquantifiable sur le plan monétaire, mais ça compte tellement dans la personne que tu es, que tu seras et que tu as été quand tu t'es construit. Ma mère est professeur des écoles, mon père ingénieur hautement qualifié, mon beau père professeur d'économie.

 

Pourtant est ce que je me sens nanti pour autant ? Privilégié ? Appartenant à une forme de caste ou d'oligarchie écrasant les autres sous son pied ? Honnetement non. Tout ce que j'ai c'est moi qui me le suis construit. J'ai réussi un concours difficile, la deuxième et (bientôt) la troisième année de médecine qui ne sont pas aussi faciles qu'on veut le faire croire. Et ça c'est mon travail qui m'y a ammené. Et je connais d'autres qui avaient eux aussi tout pour réussir et qui n'y sont pas arrivés. 
Alors faudrait t-il dénigrer ceux qui réussissent dans ce cas ou plutôt accompagner ceux qui n'ont pas la toutes les chances matérielles de leur côté ?

Moi j'ai choisi la seconde option. C'est le sens de mon engagement au tutorat qui est gratuit alors que j'aurai peut être pu entrer dans les boites privées pour donner des cours (et gagner 20 fois plus d'argent). C'est le sens de mon engageent étudiant tout court. Et je ne le regrette pas bien que ça n'a pas été toujours facile et j'y reviendrai un jour en billet ou vidéo.

Faut-il jalouser ceux qui réussisent (j'écris ça un peu pour me moquer de moi même et de ce récent billet) ou accompagner ceux qui n'ont pas toujours eu les même chances vers la réussite ? Le fameux ascenseur social qui est en panne.

 

Là ou d'autres auraient justement tendance malgré avoir tous les indices sous les yeux à l'oublier, mettre de côté ces inégalités qui se creusent, peut être certaines souffrances qu'on voit à l'hôpital du point de vue externe de soignant, j'essaye toujours et j'essayerai à jamais de m'en rappeler et d'agir en ce sens.

 

En tout cas OUI j'ai de la chance et NON j'en ai pas !

études vie divers

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