Le récap #6

  • Par docjunior
  • Le 02/06/2019
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Dimanche 2 juin 2019

Catastrophe !
Recap 1


Napoléon en Russie, la Berezina, Watterloo, L'armistice etc etc...

Vous voyez toutes ces défaites catastrophiques ?





 

Ces drames !

Et bien ce n'était rien dans ma tête par rapport à la tragédie du vendredi 31 mai 2019.

J'arrive devant le panneau des résultats. Je suis pressé (comme un citron). Je dois aller rendre deux bouquins à la BU et aller en stage juste après pour 14H grand max et si possible avant.

Il est 13H35 précisément.

Je cherche mon numéro étudiant sur le panneau.

Trouvé !

Le stress s'intensifie d'un cran.

13H36.

Je regarde.

6,36 !

Hein ?!!!

Je regarde encore

6,36 !

What ?!!!

Je re regarde

6,36 !!!!

...

...

...


COMMENT ????

Je me suis pas trompé de ligne si ?

C'est bien mon numéro non ?

C'est bien le résultat final et pas un bout ?

Purée !

*µù*$^ù!:;, !!!!!!!

Stupeur. Incompréhension. Tristesse.

Je suis sonné.

Tout ça pour ça.

Je suis dégouté.

Je regarde la suite, 8 aux QCM, 3 au premier dossier, 5 au
deuxième et 8 au 3ème.

La vache !

La chèvre !

La claque !!!!

Je monte à la BU rendre mes bouquins. En mode zombie.
Mi éveillé mi sonné par la violence du coup.

Le monde ralentit. Je suis comme dans un nuage. Je vois, je parle, je bouge mais j'ai l'impression d'être en pilote automatique, je me vois depuis l'exterieur.

Je vais au MTC (Med Training Center). Je salue l'autre externe qui me demande comment ça s'est passé. Je lui répond l'air insouciant : pas top je l'ai pas eu, je comprends pas comment. Lui n'a pas trop bossé mais c'est passé.

Cet aprem on va aider pour les mises en situation sur la formation d'AFGSU (je vous raconte tout ça dans le prochain billet).

On attend que les formatrices viennent nous chercher avant le début des cours (elles sont 3 pour 3 groupes d'une dizaine de personne à chaque fois, on sera dispatché entre les groupes pour jouer les victimes, le tout est filmé et regardé en direct par les autres puis débriefing post mise en situation en re regardant la scène).

On est dans la salle de pause au 3ème étage. La fenêtre est ouverte et heureusement car le MTC c'est l'enfer ! La partie hors formation c'est une immense baie vitrée (qui ne s'ouvre pas bien sûr) donc il fait ultra chaud (et je vous parle du mois de fin mai là hein) on cuit, et en hiver on gèle. Sauf dans la salle de pause avec la fenêtre qui s'ouvre.

L'autre externe ne parle pas trop, je pense qu'il doit savoir que je suis assez dégouté même si je ne le montre pas. Je me lève. Je m'assois à la table. Puis enfin je décide de m'accouder à la fenêtre et je regarde au loin.

Puis en bas.

On est au troisième etage.

Il y a bien une bonne vingtaine de mètre au moins.

La vue est sympa d'ailleurs.

Je me regarde de l'intérieur. Je me vois depuis l'extérieur.

Toujours en pilote automatique. Toujours sonné. J'encaisse.

Vais-je exploser ? Tenir ? Car l'energie à absorber est collossale.

Je ne comprends toujours pas me dis-je.

Pourtant j'ai fait de mon mieux ! J'ai bossé ! Sérieusement !!! Même si c'était encore insuffisant et même si j'ai perdu une bonne semaine et demi à rattraper du retard sur une autre matière, j'ai bossé !

Plutôt pas mal par rapport au reste de l'année !

Et tout ça pour ça !

6,36 !!!

J'y crois pas !

Suis je fait pour ça ? Suis je fait pour être médecin quand bien même je donne mon maximum j'échoue misérablement ?!!!

Est-ce que ça vaut la peine de se battre encore ? De continuer à avancer si je dois trébucher aussi violemment et régulièrement ? Aurai je la force de me relever ? Combien de fois encore le pourrais-je
?

Je ne sais pas.


On attend toujours. Finalement j'aurai pu ne pas courir pour venir.

Le choc, la stupeur s'efface lentement. J'ai absorbé le coup. Vient à présent le dégout. Le découragement. Je ne peux me soustraire à la dure réalité qui m'arrive en pleine face.

3ème étape : résignation. Ou résilience ?

J'ai le choix.

J'oscille, j'hésite. Je ne sais pas.

Et déjà c'est pas si mal car le choc était rude et il y a quelques mois de ça, je me serai déjà écroulé. Heureusement que j'ai eu le temps de construire des defenses car elles sont mises à rude épreuve en ce moment.

Vont-elles céder ?

Les assauts ont passé la première enceinte, le mur extérieur est tombé, la bataille fut brève, l'attaque ayant pris par surprise la majorité des defenseurs. Faut dire qu'on ne s'y attendait pas à celle là. 6,36 quoi !!!

Même pas 8 ou 9. Non.

6,36.

Le pire c'est que j'ai même pas eu l'impression d'avoir raté à ce point ! Certes je sais que je suis loin d'avoir brillé mais il ne m'avait pas semblé que c'était aussi catastrophique !

La deuxième muraille a déjà cédé. Le pont levis abbaissé de l'intérieur et l'ennemi se rue dans la cité, pillant et massacrant tout sur son passage ! (pensez aux orques attaquant Minas Tirith !)



Les derniers defenseurs se replient jusqu'à la forteresse intérieure.

La bataille finale se joue là. Maintenant !

Allons nous tenir ?

Rien est sur.

J'hésite. J'oscille.

Vais-je craquer ? Ou vais-je accepter la réalité et tout donner pour me battre ?

Car ça veut dire 3 rattrapages et un examen terminal mal embarqué puisqu'il n'y aurait que les 2 matières du S1 que je maitrise à peu près mal (et que j'ai eu le temps d'oublier si je ne les re revise pas sérieusement) et 3 matières ou c'est la cata. Y'a une différence entre 2 et 3 !

Plus 3 matières à réviser, 3 examen fin aout à ne surtout pas rater question de vie ou de mort ! Car je ne vais pas re redoubler surement pas !

Je commence peut être à me faire à l'idée. Laquelle ? Que j'ai échoué ? Que même en donnant tout je n'y suis pas arrivé ?

Ou que je vais devoir redoubler, retripler d'effort même pour avoir une lueur d'espoir à l'horizon ?

Je ne sais pas vraiment encore.

On vient nous chercher.

Les infirmières formatrices voient que je suis mi figue mi raisin mais j'essaye de les détromper et de faire un sourire de circonstance.

Début de la formation.

1ère situation avec un groupe.

Quelqu'un va jouer la victime, moi je vais faire le gars bourré et chiant et 3 personnes (les secouristes) qui se promènent par hasard dans un parc et voient quelqu'un d'inconscient au sol avec des seringues autours après avoir été interpellé par le mec pas très frais dont la copine est au sol.

Je ne simule qu'à moitié à vrai dire. Je leur dis que j'ai raté ma vie, mes exams et que j'en ai marre de tout. C'est en partie vrai, en partie c'est pour la simulation.

Il y aura en tout 3 scènes que je vous raconte au prochain épisode plus en détail !

Fin de la première simulation.

Débriefing.

Je suis toujours choqué et dégouté mais jouer le comédien ça m'a fait un peu de bien. Comme si j'avais exteriorisé une petite partie de la douleur que je portais.

Je décide d'aller revoir mes résultats sur facebook, avec de la chance quelqu'un a pris une photo du tableau et l'a postée sur le groupe de la promo.

Je crois voir mon numéro mais la fin est un peu flou même si je suis sur à 75% que c'est le mien.

Bizarre je suis sur la feuille du milieu et pas celle du haut.

10,12.

Hein ?

10,12 !

Quoi ??

10,12 !!!

Whouaaat ?

Je réalise.

J'en crois pas mes yeux.

Alerte système. Bug. Reboot demandé.

Je réinitialise.

10,12.

Sérieux ?

Je réfléchis. Je ne comprends pas. Je ne me suis pas trompé pourtant, j'ai bien vu que j'avais eu 6,36.

Incompréhension totale.

Lumière !

Je repense à ma première P1.

Et je comprends. Je crois comprendre.Je pense avoir trouvé le pourquoi du comment.

Laissez moi vous raconter une histoire. A l'envers. Celle d'un jeune P1 qui vient de terminer sa première année.

Il est classé 326 au S1, il y a une centaine de places à remonter. Il s'est battu au S2, ses résultats étaient pas mal aux concours blanc. Il sait que ça va se jouer de peu. Le concours du S2 s'est plutôt bien passé.

Arrive le moment des résultats.

Il vois le tableau. 229.

10ème sur liste d'attente. Il saute de joie et file à sa consultation médicale universitaire obligatoire en vitesse.

Il est tout fier sur le trajet, appelle sa famille, fait le coq devant le médecin qui l'examine.

Puis reçois en sortant un sms d'un pote.

Qui lui dit qu'en fait il ne l'a pas eu.

Douche froide. Le monde s'écroule littéralement autour de lui.

Il revient à la fac voir ses notes. En fait il s'était trompé de tableau et avait vu celui du tronc commun.

Le classement général médecine qui intègre l'épreuve médecine et les coefficients des matières le fait arriver 259.

Le stress, ça risque de ne pas passer. Et en effet à 10 places près ça ne passera pas.


Et l'histoire se répéta mais dans l'autre sens quelques années plus tard.


Pressé par le temps j'ai mal regardé et vu mes résultats d'UE6 que j'avais complètement raté handicapé par le boulet de la déprime que je trainais derrière moi, la fatigue et tout plein de choses dont je vous ai déjà parlé qui faisaient que j'étais complètement privé de mes capacités et forcément que ça s'était très mal passé (j'ai faillis ne pas aller faire l'épreuve tellement j'étais dans le creux de la vague).

Là j'ai 10,12.

C'est passé !

Tout juste mais c'est passé !

Soulagement. Immense.

Comme on dit au foot, l'important c'est les 3 points. Le comment et la manière c'est secondaire !

Mon objectif d'avoir plus de 11,5 passé totalement à la trappe mais je m'en fiche (c'est à dire plus que les matières du S1 que j'avais validé, car ayant plus travaillé j'espérais avoir plus).

Et à vrai dire avec le recul c'est même pas totalement illogique car les matières du S1 etaient les eules que j'avais un peu travaillé lors de ma première 4ème année (pas terriblement mais un peu quand même, je ne partais pas de 0 donc) avant de m'écrouler au fond du fond après les résultats vu que j'avais pas réussi étant donné que ça allait pas terrible et ça n'a fait que s'empirer après.

Mais j'avais une petite base pour construire mes connaissances.

Alors que pour l'UE11 urgences, je n'avais même pas les fondations. Et en faisant l'examen je me suis aperçu que même croyant savoir mes cours, il m'en restait beaucoup à approfondir.

Finalement mes résultats sont logiques et très satisfaisant !


Soulagement.


Le couperet est tombé du bon côté.

Si j'avais ne serait-ce qu'à peine moins bossé pas sûr que je l'aurai eu.


Maintenant ça ne pourra qu'aller mieux car pour l'année prochaine dès le début je serai au moins à 75% si ce n'est plus et on pourra enfin voir ce que ça donne vraiment si je travaille sérieusement dès le départ.

Faut pas oublier que pour l'UE11 je me suis remis en route progressivement. Comme un diesel. Il me manquait un bon tour du programme pour être moyennement au point. Et j'ai perdu les 10 derniers jours sur les 13 derniers avant l'exam à réviser justement l'UE7 ou j'avais eu à peu près 8 (et que je révise toujours mais j'en reparle une prochaine fois de mon planning et tout).

En tout cas je suis heureux de ne pas avoir raté.

La chance (enfin non pas la chance car je l'ai mérité) me sourie enfin.

Rien que d'écrire ce billet, je suis repassé par l'arc en ciel de mes émotions et ça m'a encore plus reboosté car j'ai 25 jours pour réviser l'examen terminal et ça va être très juste alors je dois bosser à fond !!!

Hier j'ai pris une journée entière de pause, la dernière avant de me lancer dans le sprint marathon de juin jusqu'au 27 car pour le moment je suis TRES loin d'avoir rattrapé mon retard sur l'UE6, l'UE7 et de m'être remis à jour sur l'UE8a et l'UE8b sans compter d'avoir refait au moins un rapide tour d'UE11 urgences.

Alors c'est parti !

J'avance. Enfin. Je ne me suis pas arrêté. Je n'ai pas trébuché. J'ai ré-enclenché la machine depuis mi avril.

Machine qui s'était gripée depuis la P2 et même carrément cassée l'année dernière sur ma D2 n°1.

Rafistolée avec les moyens du bord puis retombée en panne entre janvier et avril dernier.

Elle est clairement réparée et commence à tourner de plus en plus vite.

Je ne dois surtout pas m'arrêter.

J'avance. A grands pas.

Je dois trottiner à présent.

On continue !!!!


 

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