Le match de foot

  • Par docjunior
  • Le 19/02/2017
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Les joueurs sont prêts. Ils entrent sur le terrain, ils entrent dans l’arène. Vous savez au milieu de la foule. L’épreuve, le match est sur le point de débuter. Mais qui va gagner ? C’est ce que tout le monde se demande. Et puis le suspense est à son comble à tel point que tout le monde y succombe. Et oui, les enjeux sont plus capitaux que le budget de toutes les entreprises du Cac-40 réunies.

Les paris sont ouverts. Tout le monde attend d’en voir l’issue. Ça y est ! Le match commence. 1ère action pour la première équipe, coups franc, corners, tirs cadrés. Tout s’enchaîne très vite des deux côtés mais le résultat reste désespéramment vierge.

On veut du spectacle, on veut de l’action, des buts grondent les spectateurs mais les équipes sont de force égale. La mi-temps arrive bientôt et le score reste nul.

Début de la seconde période, les 15 minutes de pause ont semblé durer environ 1 mois. Aussitôt le coup de sifflet sifflé, le combat reprend. Et tourne rapidement à l’avantage des visiteurs. 48ème minute, grosse contre-attaque depuis le but jusqu’à l’autre. Un trio offensif se déjoue magistralement de l’arrière garde pour s’approcher du but. 3 face à 1 gardien. Ce dernier se fait allumer.

Et c’est le buuuuuuuuuuuuuuut. Magnifique action, une grande rigueur défensive suivi d’une projection en avant parfaitement maitrisée avec des passes millimétrée pour éliminer les derniers défenseurs jugent les commentateurs. Quel précision, quelle technique s’extasient les autres.

1-0.

10 minutes après, c’est la double peine. Un attaquant de l’équipe menant se retrouve fauché dans la surface de réparation alors qu’il slalomait entre les défenseurs comme un skieur sur sa piste le menant à la victoire. Le joueur s’élance, le stade entier retient son souffle. Le temps ralentit, les secondes durent des heures. Il fixe le gardien. Ce dernier plonge à gauche. Il tire à droite. Et buuuuuuuut

2-0

Nous sommes maintenant à la 68ème minutes. Le pauvre gardien déjà bien malchanceux se fait crucifier sur une superbe transversale. Imparable. Imparé.

3-0

On entend désormais plus les supporteurs de l’équipe à domicile déjà bien démoralisés. Par contre les 2000 de l’équipe en déplacement hurlent de joie. Et un, et deux, et trois zéro !

Grande passe en profondeur sur le côté droit, qui est immédiatement suivi par un centre qui lobe le gardien s’étant un peu trop avancé et se finit sur une tête plongeante. Magnifique. Et ça fait un quatrième but, ça fait mal. On est à la 78ème minute

4-0

Tir à ras du sol croisé. La défense est transpercée comme un couteau qui fend du beurre mou, une flèche aérienne. C’est beau, c’est net, c’est propre. Une fois de plus, ça fait but.
Le temps additionnel sera annoncé dans 2 minutes. Il risque d’être assez long, en effet tous les changements ont été effectués, il y a même eu un blessé qui a dû être évacué et a ralenti le cours du jeu. On est à la 88ème minute.

5-0

Le temps supplémentaire est annoncé. Il sera de 5 minutes, comme le score. Suffisant pour remonter un tel écart insurmontable ? Pourtant l’équipe qui perd n’en méritait pas tant, elle avait fait jeu égal en première mi-temps, et avait eu ses occasions en seconde mi-temps. Manque de réalisme commençaient déjà à analyser les commentateurs. Manque d’expérience en diront d’autres.

5-0, un peu comme s’il manquait 50 points et qu’on était à 30/80…

Pourtant l’équipe perdante ne perd pas espoir. Elle attaque toujours, désespérément. Elle jette toutes ses forces dans la dernière bataille. Si le score est sans appel, il faut au moins sauver l’honneur. 91ème minute, sur un corner et une tête décroisée qui prend le gardien à contrepied on revient à 5 à 1.

92ème minute, un exploit solitaire de l’attaquant le plus jeune de l’équipe, le petit junior du club qui élimine à lui seul 5 défenseurs par une merveille de triple et se retrouve face au gardien en lui mettant un petit piqué par-dessus, tout en finesse, tout en technique, parfaitement dosé, parfaitement maitrisé, parfaitement exécuté. Ça fait but, ça fait 5-2.

93ème minute, ils en veulent encore plus, ils attaquent toujours. Tir à l’entrée de la surface de la réparation, à mi-hauteur, ça fait poteau rentrant, ça fait but. Ça fait 5 à 3. L’espoir revient mais l’égalisation reste toujours improbable…

94ème minute, coup franc dévié par le mur. Le gardien ne peut rien faire, il est battu. On revient à 5 à 4. Il ne reste qu’une minute, tout le stade crie d’espoir, reprend confiance, leur équipe de cœur va-t-elle se faire éliminer ou va-t-elle parvenir à jouer les prolongations dans ce match à élimination directe ?

Il reste 15s, l’équipe qui menait perd bêtement la balle sur une interception du plus jeune des joueurs qui fait une fin de match époustouflante. Mais est-ce que ça serait assez ? Le temps ralentit encore plus, chaque dixième de seconde dure des décennies, chaque centième des siècles, chaque millième des millénaires. Va-t-il parvenir à refaire son coup de la 92ème ? Va-t-il changer le destin de son équipe, marquer l’histoire par ce nouvel exploit ?
10s, il a toujours la balle, il s’approche de la surface mais 3 défenseurs lui barrent la route qu’il lobe allégrement par une aile de pigeon. Mais un défenseur laisse traîner la patte. Il s’écroule, à l’entrée de la surface. Mais l’arbitre est loin, comme lors du fameux match France-Allemagne de . Va-t-il siffler le pénalty ? Les secondes s’éternisent. Un coup de sifflet retentit brisant le silence. Oui, pénalty !

Le joueur s’élance. Sur lui repose tous les espoirs, toutes les craintes, tous les enjeux de ce match. La pression est insoutenable. Il tire. Le gardien plonge. Du mauvais côté. La balle s’avance vers le but, vers l’égalisation, vers l’espoir. Sans gardien pour la bloquer, la balle roule. Et touche le poteau !!! Mais pas de face, sur le côté ! Elle rebondit, fleurtrant avec la ligne. Jusque dans les mains du gardien de l’autre côté qui par un incroyable réflexe la repousse. Tout s’est joué si vite. Y a-t-il eu but ? Toutes les chaînes de télévision passent le replay mais personne n’est sûr, tout le monde doute. De toute façon, c’est l’arbitre qui aura le dernier mot. Et ce dernier est assisté de la goal line technology. Incroyable rebondissement, les écrans du stade tombent à ce moment en panne. Personne ne sait ce qu’il se passe, tout le monde est dans l’expectative et ne peut visionner le verdict de la technologie. Seul l’arbitre dont la montre au poignet a vibré ou non le sait. Il convoque alors les 2 capitaines…

Le suspense est intenable. Insoutenable. Personne ne sait quelle sera l’ultime décision, le couperet final…

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