"Tu as raté ta vie si tu n'es pas dans les 1000 premiers "

« Tu as raté ta vie si tu n’es pas dans le top 1500 voire 1000 »
* internes et des chefs de chir plastique*…


« Ah non mais c’est l’entrée de Pierre, il est arrivé 2500 à l’ECN donc fait la vite fait… *fait rapidement l’entrée et s’apprête à faire de même pour la suivante* Ah non mais cette entrée c’est l’entrée de Julia, elle a fait un top 200, tu dois la faire nickel »
Entendu en cardio…

 

« Alors les études de médecine, c’est un concours, la PACES en première année, puis 2 ans de socles commun, l’externat pendant 3 ans, puis l’internat. A la fin de l’externat, on passe les ECNi, un deuxième concours, pour choisir nos spécialités. Ceux qui sont bons, dans les 3 à 4000 premiers peuvent choisir une belle spécialité et les autres prennent médecine général
*un interne de gynéco obstétrique en expliquant nos études à un patient*

 

« Ah non mais je ne vais pas t’expliquer ça sert à rien, et de toute façon ça te servira pas vu tes ambitions aux ECNi pour le niveau que tu vises »
* Une interne de gynéco à un externe qui lui avait dit vouloir choisir médecine générale

 

« J’ai raté l’ECN, je suis 8000ème alors que j’ai bossé comme un dingue, je suis un looser *pleurs* »
* Un externe après ses résultats aux ECNi*

 

« En médecine ya ceux qui ont un peu d’ambition dans la vie, qui seront bon médecin, feront quelque chose de leur vie, viseront au minimum un top 3000 et une vrai spécialité. Et ya les autres. Faites partie parti des premiers, pas des derniers, qui le sont dans tous les sens du terme »
* Un chef d’orthopédie à ses externe pendant la visite professorale »

 

« C’est vraiment manquer d’ambition que de ne pas viser un bon classement aux ECN sous prétexte qu’on veut médecine générale »
* Un PUPH*

 

« Oh mais vous avez vu X, il est 6000 et Y, elle est 7500, hahahaha les gros nuls »
* Des externes crachant sur leurs pairs dans leur dos après les résultats en s’amusant à comparer les classements de tous ceux qu’ils connaissent pour les rabaisser »

Ça fait froid dans le dos non ?

Avant de commencer, je tiens à dire que je ne vise personne en particulier, aucune spécialité en particulier (si dessus ne sont que des exemples, qu’on m’a rapporté sur toute la France dont j’ai pu avoir connaissance, que ce soit des amis d’ici et d’ailleurs, sur twitter, par mp ou de vive voix).

Ça faisait très longtemps que j’avais envie de pousser ce coup de gueule sur la mentalité « médecine »

Et la grosse polémique sur twitter sur laquelle je vais revenir dans le prochain billet n’a fait que me donner encore plus envie d’en parler.

Alors en quoi ça consiste cet état esprit ? Qu’est ce qu’il veut vraiment dire ? Pourquoi est-il si profondément ancré en nous jusqu’à atteindre notre inconscient même pour ceux qui ne la partagent pas ?

Retour, sur l’idée, encore trop répandue qu’on se définit par son classement au concours, qu’il détermine si on est bon médecin ou pas, qu’il reflète notre valeur intrinsèque.

Retour sur ces 4 numéros que certains veulent nos coller à la peau, ceux qui veulent placarder notre numéros sur notre dos, ceux qui voient le classement avant de voir la personne, bref ceux qui ont tout faux.

 

LES ORIGINES
 

Si cette mentalité est autant répandue, c’est qu’elle a des racines profondes, coriaces, systémiques.
Nos études sont éprouvantes, sans merci, sans cadeaux. Elles nous déshumanisent, nous endurcissent et garder son éthique, ses valeurs, sa bienveillance et son humanité relève plus du parcours du combattant que des principes.

On est confronté à la maladie, à la souffrance, à la mort, à la misère, à la douleur. Aux émotions, aux joies, aux peurs des patients. On ne peut y être indifférent. On y réagi, on est forcément influencé par notre vécu, en relation avec les autres. Certains se blindent, d’autres apprennent à faire avec, d’autres encore se refusent à y penser.

A tout ça se rajoutent les difficultés de l’hôpital, le manque de moyen, les responsabilités, le stress, la fatigue, les stages. Le quotidien d’un étudiant en formation, le travail perso, les examens qui s’enchainent tous les 2 mois, rentrer claqué de son stage et devoir se remettre à bosser dans ses cahiers.

Quel rapport avec cette mentalité dont je vous ai parlé ?

Le fait d’être tout le temps sous pression, tous le temps stressé, tout le temps en compétition, anonymisés dans le système, dans nos études qui nous obligent à rentrer dans le moule sous peine d’exploser et d’imploser.

Tout ça fait qu’on fini par intérioriser cette attente. Celle d’être les meilleurs, tout le temps, toujours. D’être le plus fort, mentalement, physiquement, intellectuellement, psychiquement.
De présenter une carapace sans faille ni faiblesse, de ne pas montrer sa sensibilité sous peine d’être ostracisé ou pire encore, d’intérioriser ces attentes et de pousser jusqu’à la rupture pour ne pas se décevoir soi même vis-à-vis du moule.

Et puis les autres tiennent, alors pourquoi moi je craquerai ?

Alors relativisons, non tout le monde ne le pense pas, il y a beaucoup de belles personnes, à tous les niveaux, humaines, prêtes à soutenir, aider, consoler les autres. On est nombreux à s’entre aider, se serrer les coudes, se motiver.

Mais face à la lame de fond tout ceci est invisibilisé, minimisé, marginalisé. Alors que c’est plutôt l’inverse, le courant et la mentalité détestable étant une minorité majoritairement intériorisé par tous.

 

LA COMPETION PERMANENTE


Autre raison c’est qu’on est tout le temps en compétition, en performance. Contre soi d’abord mais contre tous les autres surtout. C’est ça les études de médecine, deux concours, chacun pour soi, seul contre tous. Du début à la fin. Le chacun pour soi, l’intériorisation qu’il faudra faire mieux que son voisin. La brutalité des 2 concours qui vous détruisent de l’intérieur et vous transforment. Dans votre façon de pensée, dans vos attitudes, dans vos faits et gestes.

C’est ça les études de vos soignants, une gigantesque arène, des Hunger Games sans merci ni pitié. C’est comme ça qu’on nous apprend à prendre soin de vous, c’est notre leçon de vie, celle que le système nous a enseigné, malgré et contre nous.

Sachant cela êtes vous surpris d’apprendre qu’en P1 dans certaines facs les doublants font tout pour rabaisser les primants, que ce soit durant les cours en les perturbant au maximum, pendant les colles en s’affichant à donner le plus de bonnes réponses en correction quand toi tu as tout raté et que tu es dans le mal, en discutant dans les couloirs haut et fort « ah mais c’était trop facile ça », à voler les affaires des autres à la BU…

J’ai de la chance, car dans ma fac ce n’était pas (trop) le cas mais ça l’est ailleurs.


Etes vous surpris d’apprendre que les étudiants mettent des notes à 0 étoiles sur les dossiers d’excellentes qualité sur notre base de donnée nationale SIDES (qui regroupe des milliers de QCM et de dossiers cliniques pour s’entrainer), pour que le moins de monde possible fasse le super DP et du coup progresse et apprenne des trucs ?

Etes vous surpris de savoir qu’au moment du choix de la spé après les ECN les gens ne renseignent pas toujours leurs vœux pour les simulations pour donner de faux espoirs aux autres, qu’ils se projettent sur autre chose et que finalement derrière ils n’obtiennent pas leur spé ou leur ville en faisant de mauvais vœux derrière.

Et oui, je vous l’ai dit, on se déchire entre nous, c’est brutal et violent, implacable. Parce que c’est toi contre les autres. L’individualisme exacerbé et systématisé de façon systémique.


Est-ce si étonnant derrière qu’on considère que le classement te définit en tant que personne, que l’on t’assimile à ces numéros.

Est-ce surprenant de voir une forme d’arrogance détestable ce développer chez certains ? La suffisance et la supériorité de ceux qui ont écrasé les autres ?

Pas tellement…


OBJECTIVEMENT LE CLASSEMENT NE VEUT RIEN DIRE


 

Oui il ne veut rien dire. Pourquoi ?

Déjà parce qu’il ne reflète en rien tes compétences, tes qualités.

Est-ce que moi qui ait raté le dossier sur la sarcoïdose parce que je n’avais pas eu le temps de m’entrainer sur le sujet, est ce que je suis moins bon que celui qui a eu 14 parce que la veille il était tombé sur un DP similaire ?
Les connaissances de base sur cette pathologie je les ai, je sais ce que c’est je connais les principaux signes, les risques, les traitements, les complications, le suivi, le pronostic, mais je ne savais pas qu’il fallait faire un ECG plutôt qu’une échographie du cœur pour en dépister l’atteinte cardiaque.

Désolé. Quel mauvais médecin je vais être n’est ce pas ! Quelle honte !!! Je devrai me cacher sous ma couette et ne plus jamais en émerger ?

Juste parce que j’aurai du commencer à m’entrainer des septembre sur les dossiers plutôt que 2 mois avant les ECN, parce que pour chaque maladie il faut en avoir fait des dizaines de dossiers pour être à l’aise et qu’en deux moins je n’ai eu le temps d’en faire « que » un bon millier !

Est-ce que ça va m’empêcher de continuer à me former par la suite ? Clairement pas ! Est-ce que je vais savoir ou trouver les informations en cas de besoin ? Totalement ! Est-ce que je vais par ailleurs être amené à prendre beaucoup en charge de patients atteints de sarcoïdose ? Pas nécessairement.

Ce concours nous classe sur 90% de connaissances qui ne nous serviront pas, par exemple j’ai du me taper toute l’orthopédie alors que ça ne m’intéresse pas vraiment et ne me sera pas utile. Inversement, le chirurgien orthopédique a-t-il besoin d’être ultra calé sur toutes les autres spécialités ?


Car aux ECNi, c’est ça qu’on nous demande, d’avoir le niveau d’un médecin débutant spécialiste dans n’importe quelle spé, de connaître tout sur tout, en commençant par les bases pour finir par des classifications TNM de cancers, des stades, des scores, des détails alambiqués…

Alors oui, certes oui c’est important que tout médecin en sache un minimum sur tout histoire que quand il appelle l’interne de cardio pour un ECG un peu bizarre et une conduite à tenir, des conseils on ne soit pas en face de quelqu’un qui nous parle chinois.

Sauf qu’on joue notre vie, notre spécialité sur ce concours. Il est tellement important, on nous en parle dès la 2ème année, c’est un peu le point culminant qui coupe en 2 les études de médecine. Il y a un avant et un après ECN.
Comment ne pas s’étonner derrière que ce concours et son résultat nous impacte autant. Comment ne pas s’étonner que certains soient fiers de leur classement ? (et à raison, on a le droit !)
Comment ne pas déplorer que certains en fassent l’alpha et l’oméga de leur vie, de leur façon de voir la vie et de juger celle d’autrui ?

Enfin, je terminerai par dire que l’ECN est un concours très imparfait, une loterie des sujets et des questions, qui n’évalue pas la personne dans sa globalité. Est-ce que ceux qui ont séché leur stage ou trouvé des petits coins planqués filant à la BU dès que possible pour bosser seront meilleurs médecin ?


Je ne pense pas. Vraiment pas. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’avec la réforme du concours de l’internat on a décider d’y intégrer des ECOS, des situations cliniques artificielles avec des mises en situations en mode simulation de consultations, des cas cliniques. Bien que ça soit très imparfait, ça aura le mérite d’enfin redonner sa place en stage, de valoriser ceux qui se sont donné du mal pour se former aussi sur le terrain, de rendre enfin « rentable » le fait d’aller en stage, d’apprendre comment examiner, interroger les patients, de savoir pratiquer des gestes, de savoir comment se comporter face au patient, comment communiquer, répondre aux questions, aux dits et au non dit.
Car depuis que l’ECN existait, les mieux classés ne donnaient pas nécessairement les meilleurs internes et l’externat est un moment où l’on peut vraiment se former sans trop de responsabilités. C’est une chance !


ET TOUT CA POUR QUOI ?


Est-ce que ça intéresse un patient de savoir à quel rang tu as terminé ?

Très objectivement je ne crois pas.

Ce qui l’intéresse c’est que :

  •  tu aies les connaissances suffisantes pour le soigner, bien le soigner (et au vu de la difficulté de nos études oui on les a, qu’on soit premier ou dernier du concours, on les a !)
  • Que tu prennes les bonnes décisions, aux bons moments, que tu lui prescrives les bons examens et les bons traitements
  • Que tu le comprennes, que tu l’écoute, sans le juger, avec bienveillance, empathie
  • Qu’il puisse te faire confiance pour le prendre en charge au mieux
  • Que tu aies des principes, des valeurs, une éthique


Ton classement à l’ECNi, je suis désolé mais ça lui passes à 10 000 lieux sous les mers et ceux qui te diront le contraire n’ont qu’à aller de la Terre à la Lune ou Voyager au centre de la Terre pour retrouver leur bon sens !

Tes notes (qui se tiennent dans un mouchoir de poche avec les autres) et ton classement n’ont que l’importance que tu veux leur accorder. Tant qu’on est heureux derrière dans ce que l’on fait, c’est ça le plus important !


NON NE PAS REUSSIR SON ECNi N’EST PAS UN ECHEC


Non, les moins bien classés ne sont pas des loosers.
Non les mieux classés ne sont pas des winners, ne sont pas des élites !

Les loosers sont ceux qui se définissent par ces chiffres, les loosers sont ceux qui baissent la tête et abandonnent leurs rêves, leurs espoirs, leur humanité peu importe le classement.

Ne pas réussir ne fera de toi un perdant que si tu n’arrives pas à rebondir, à trouver un plan bis, une passion, des défis autres à relever !

Et des défis il y en a !

S’engager en politique, se syndiquer pour défendre et protéger tes co internes, faire en sorte que les 48h hebdomadaires soient respectées au lieu des 60h par semaine en moyenne qui montent à 80 90h selon les spés !

S’engager, en associatif, pour les défavorisés, pour la prévention, pour l’humanitaire, pour le dépistage, pour des causes multiples et variées !

Se passionner, pour tel ou tel sujet, trouver sa voie, savoir emprunter les sentiers détournés, des Diplômes Universitaires (DU) intéressants.

Construire, avancer, se créer des projets.
Non, ne pas réussir son ECN n’est pas un point final, un regret à porter sur la durée !

Enfin, prendre du recul, aurait on été heureux vraiment heureux dans telle ou telle spé, dans une ambiance parfois difficile, à se marcher sur les pieds pour obtenir la faveur du chef, pour avoir le droit d’accompagner un senior au bloc et faire plus que suturer une fois l’opération achevée.

 

Aurait-on été heureux à faire 90h par semaine ? A tout sacrifier pour l’hôpital ? A en perdre la flamme, le sens et l’espoir ? Ou même s’engager dans une carrière hospitalo universitaire demandant encore tant de sacrifices ?

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, c’est super si on obtient la spé dont on a rêvé, c’est admirable d’avoir le courage de donner autant pour l’hôpital et le système a condition d’être passionné et heureux.

C’est l’accomplissement personnel, le bonheur, la stabilité émotionnelle, physique et mentale qui sont mes priorités. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, mais ne pose pas de problème si c’est ce que l’on s’est choisi

 

ENFIN POUR TERMINER NE LAISSEZ PERSONNE VOUS RABAISSER, PAS MÊME VOUS-MEME !


Vous pouvez être fier de votre parcours. Oui !

On se compare souvent à nos pairs mais on oublie de regarder l’ensemble du tableau. De prendre du recul.

Je le dis sans arrogance ni mépris ni suffisance. Les études de médecines sont parmi les 6% des études les plus difficiles qui existent.

Etant donné qu’on forme 8500 médecins par an, qu’une classe d’âge c’est à peu près 850 000 personne.

Et bien ça fait 1%.
Rajoutons 1% d’études de grandes prépa et grandes écoles d’ingénieurs.
Puis 1% de hauts fonctionnaires, de postes à hautes responsabilités, directeurs d’entreprises, d’hôpitaux
1% avec les études de droits, juges, avocats, notaires, procureurs et autres métier de la justice.
1% d’études de commerce, marketing, cadre sup
1% de doctorants, de scientifiques, de personnes dans la recherche

Viennent ensuite les masters qui sont tous difficiles mais peut être pas autant que la médecine,
Et les bachelors, les licences, les DUT.

D’ailleurs je me demande même si c’est utile a part flatter notre égo de faire une hiérarchie de la difficulté, du concours de qui a le plus galéré (pour ne pas dire autre chose de plus vulgaire ^^ ah ! je te vois toi qui y a pensé hein), ce n’est pas une question de taille ou de difficulté.

Et même quelqu’un qui va faire un métier manuel sera tout autant important pour la société et respectable. On a besoin des menuisiers, des charpentiers, des cuisiniers et l’apprentissage est aussi très difficile.


On a besoin des ASH qui ont tout autant un rôle à jouer à l’hôpital qu’un médecin. On a besoin des assistantes maternelles, des éboueurs, de ceux qui entretiennent nos parcs et nos jardin, des services municipaux, des agents administratifs ou d’entretien. Et eux aussi ont du passer par des difficultés, des problèmes, et même lutter au jour le jour pour remplir le frigo et offrir a tes enfant de quoi s’éduquer, s’habiller, manger. Il n’y a pas de hiérarchie de la respectabilité, il n’y a pas non plus de hiérarchie des souffrances.

Rien n’est facile dans la vie. Pour parler de ce que je connais, une étudiante en licence a du elle aussi passer des étapes difficiles, une étudiante en master que ce soit pour devenir prof, orthophoniste ou autre aussi aura du réussir ses partiels, travailler dur, se donner du mal pour réussir.

Vous me direz donc à juste titre que ma petite démonstration sur la sélectivité et la difficulté de nos études est somme toute assez hypocrite et oui vous auriez raison.

Mais après 7 ans d’études de médecine dont 2 années redoublées, après une D4 (2 pour ceux que j’admire parce que qu’importe mon résultat j’avais décidé de ne pas redoubler, quoi qu’il se soit passé), je pense qu’on a le droit, pour 30s d’être fier de ce qu’on a fait.


Et on peut tous en être fier de se poser, regarder en arrière et se dire qu’on a pas abandonné, rien lâché et qu’on a continuer à avancer !

EN ce qui nous concerne nous, les ex D4 néo internes on a réussi la P1 (qui n’a que 15% de réussite), on a validé la 2ème et 3ème année plus dures que ce que l’imaginaire collectif veut nous faire croire avec nos soirées médecines de débauches et de sinécure. On a passé l’externat, les stages, les examens tous les 2 mois, validé toutes les UE une par une puis les examens terminaux de fin d’année, obtenu le Certificat de Compétence Clinique, tenu jusqu’au bout dans la difficulté pour passer ce terrible concours !

Alors oui je le dis, on peut être fier. On doit être fier de notre parcours. Peu importe le classement. Peu importe ce que dira untel ou untel, que ce soit ceux qui se croient meilleurs que les autres de par leur classement, ceux qui vous jugent sans connaître tout ce que vous avez du affronter, ceux qui se pensent au dessus de vous, meilleurs que vous sans être passé par là ou vous êtes passés, ceux qui donnent des leçons de morale, des leçon de maturité, d’intelligence et distribuent les bons points à leur bon gré, les boomers qui se la ramènent avec leur pédigrée.


SOYEZ FIERS !

 

Soyez fier de votre parcours, d’avoir tout donné, pas lâché puisque vous y êtes arrivés, malgré les épreuves, les dépressions, les idées noires pour certains, les doutes, les découragements, la fatigue, les peurs, les interrogations. Vous pouvez être fier, fier de vous et de votre parcours, fier de la personne que vous êtes et de celle que vous serez en devenir. Fier de tout ce que vous avez fait pour arriver jusqu'ici. Fier de tout. Fier de vous.

Non vous êtes tous et toutes exceptionnels. Courageux. Vaillants. Médecins. Résilients. Intelligents. Valeureux. Forts. Honorables. Exceptionnels. Oui, exceptionnels !

Et ne laissez personne vous dire le contraire, personne, pas même vous !

 

Merci à tous ceux qui ont bien voulu témoigner, ceux qui m'ont partagé leurs récits. Si toi aussi tu as envie de témoigner, de parler de cette pression du classement ressenti, n'hésite pas à laisser un commentaire ou me contacter en message privé !

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